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[Noël 2012] Les gagnants du concours 'Une Légende pour Noël' pour la gazette Le Veilleur du Nord

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NekoCitron
MessageSujet: [Noël 2012] Les gagnants du concours 'Une Légende pour Noël' pour la gazette Le Veilleur du Nord Dim 10 Fév - 18:02
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PREMIER PRIX : Un bon 70 PO pour le marché de Noël +20 PO


La Dame des Glaces

de Colombina Vasileva



Dans une demeure cossue des beaux quartiers de Novaya, une grand –mère gardait sa petite fille près d’elle, toutes deux blotties chaudement devant une grande cheminée où crépitait un feu. Toutes deux riaient quand la petite fille tourna ses grands yeux vers sa grand-mère.

« Dis grand-ma ! Raconte-moi une histoire. »

La vielle dame sourit, pas étonnée de la demande de sa petite fille, puisque chaque année, elle lui demandait là même.

« Très bien ma chérie. Alors, c’était, comme bien des histoires, il y a bien des années de cela. Peut-être même des siècles. La neige tombait à gros flocons ce jour-là. Tout était gelé, magique et cristallin. L’hiver avait repris ses droits avec une puissance encore jamais vue dans les Carpates. Mais c’était une saison que beaucoup adoraient pour son calme et sa façon de transformer un sommeil lourd en un décor enchanteur, paré de diamants purs. Adalasya était de celles-là. De celles qui couraient pieds nus pour attraper le premier flocon, qui dansaient dans la neige fraiche en riant. Qui attendaient l’hiver comme d’autres le printemps. Sans prévenir, la jeune fille partait aux aurores pour regarder le soleil se lever dans la forêt et voir les rayons d’or pur illuminer les cristaux. Passant les bois de forêt à palais. Elle y passait ses journées, sans jamais se lasser, oubliant le froid, la faim. Elle était née un matin de Noël particulièrement vif et certains se plaisent à dire que son lit attirait la neige qui poussait les fenêtres pour les ouvrir et venir la recouvrir, d’autre disent qu’elle était fille de fée. Celle qui givre la forêt. Mais ce qui était sûr, c’est que son amour pour la glace n’était plus à prouver tant elle versait de larmes lorsque les températures plus chaudes venaient la chasser. Les années passaient et son cœur se serrait à voir ainsi se succéder les saisons, chassant longtemps sa préférée.

Les gens de son village l’appréciaient, elle, la jolie dame qui aimait la glace et dont la douceur était un baume au cœur. Mais un jour, celui des premiers flocons, elle disparut. Sans un mot, sans un bruit et jamais on ne la revit. Peu à peu, Adalasya sombra dans l’oubli et les recherches pour la retrouver cessèrent. Les années passèrent, longues et monotones dans le village. Mais, une dizaine d’années plus tard, une petite fille sortit en riant de la forêt, criant qu’elle avait trouvé un lieu sacré. Personne ne la crut. Depuis le temps, ils l’auraient trouvé et elle fut gentiment moquée. Sans se démonter, chaque jour, la petite fille y retournait même si rien ne s’y passait. Elle s’asseyait devant ce qu’elle avait trouvé. Une statue de glace d’une délicatesse infinie, assise sur ses talons, le sourire aux lèvres et entourée de plantes clairsemées de boutons. Elle respirait la joie et la sérénité. Le matin de noël, avant même de savourer son orange, la petite fille y courut pour, comme Adalasya, profiter du lever de soleil sur la forêt. Lorsque que les rayons passèrent sur les boutons, la petite fille ouvrit des yeux ébahis. Lentement, comme au ralenti, elle les regarda s’épanouir. De magnifiques fleurs blanches firent leur apparition.

Bien des années plus tard, la petite fille avait depuis longtemps rejoint les anges et la forêt avait remplacé le village pour voir ensuite fleurir une ville nouvelle. Novaya était née, belle et resplendissante. Mais les sorciers modernes n’avaient plus de temps pour prêter l’oreille aux vielles légendes colportées par les peuples nomades de passage en ville. Certaines familles avaient eu des ancêtres dans cet ancien village et partageaient l’histoire de la Dame des Glaces. Et beaucoup revenaient en ville la veille de Noel pour au matin, se rendre en forêt, dans ce lieu secret transmis aux amoureux de l’hiver, pour venir voir éclore les hellébores, la rose de Noël. Mais lorsqu’on leur demande où ils vont, ils n’ont d’autre réponse que : Là où l’amoureuse de l’hiver a communié à jamais avec la beauté glacée. »

La vielle dame serra sa petite fille contre elle et déposa un baiser sur son front.

« Nombreux sont ceux qui ont essayé de trouver la dame des glaces mais, il faut comprendre que ce ne sont pas eux qui la trouvent, mais bien elle qui les guide. Et que le spectacle de l’éclosion des roses de Noël ne fait que sublimer ce jour déjà magique. »

La petite fille, curieuse, fronça un peu les sourcils. Mimique typique de la jeunesse en pleine réflexion.

« Et toi Grand-ma ? Tu l’as déjà vu ? »

Pour toute réponse, la vielle femme eut un sourire mystérieux et se leva pour prendre une boite précieuse, ouvragée d’or et de pierres précieuses. Elle prit sa petite fille par la main et la conduisit près de leur table de Noël où trônait au centre, un plat remplit d’eau claire produite par la fonte d’un bloc des premières neiges. Doucement, elle ouvrit la boite et la pencha pour que la jeune fille y prenne la fleur fanée qui s’y trouvait pour, qu’avec une délicatesse infinie, elle la dépose à la surface de l’eau où la rose fleurit instantanément.

« Joyeux Noël ma chérie. »

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Dernière édition par NekoCitron le Dim 10 Fév - 18:04, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: [Noël 2012] Les gagnants du concours 'Une Légende pour Noël' pour la gazette Le Veilleur du Nord Dim 10 Fév - 18:04
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DEUXIEME PRIX : Un bon 50 PO pour le Marché de Noël +20 PO


Depuis Novaya, le phare guette l'Insondable

de Tabris Lahar



Il y a bien longtemps, à l'endroit où se tient de nos jours le phare de Novaya, s'est déroulée une histoire bien étrange liée à une jeune fille perdue en mer.

Elle était une sorcière et vivait non loin de là dans un quartier uniquement habité de magiciens nordiques, mais au sein d'une ville plus importante et portuaire. On la surnommait Ibis en raison de son corps gracile, de sa blancheur de neige et de son adoration pour le vol. On racontait partout que sa magie s'était révélée quand elle avait six ans, qu'on l'avait vu voler au dessus de la mer, telle un petit ange blanc aux longs cheveux d'or. Sa mère qui avait eu très peur pour elle en la voyant s'éloigner ainsi, comme appelée par l'horizon, s'était aussitôt lancée un sort qui lui avait fait pousser de grandes ailes d'anges dans le dos et étaient allée récupérer sa fille, dans les airs.
Les habitants de la ville, même les Moldus, avaient assisté à la scène et les langues de plombs eurent beau faire, l'apparition était restée dans les mémoires et la ville fut rebaptisée Archangelzk. Tout du moins, c'était ce qu'on aimait à raconter à Ibis qui rougissait fortement du fait qu'elle puisse être responsable du nom de sa ville. C'était en effet une jeune fille très timide et modeste.

Tous les jours, et presque toutes les nuits, cette jolie demoiselle prenait la clef des champs. En été, elle utilisait son balai volant qui était fait de frêne et de joncs des rivières. Mais en hiver, elle utilisait un attelage de glisse conduit par un rêne. C'était un traîneau et une bête qui avaient tous deux la faculté de voler lorsque le terrain était trop difficile et qu'il fallait rentrer vite, par exemple lorsque la lune était pleine et que les loups garous étaient en chasse. Prestigieux, il n'était pas à elle ni à sa mère, ni à son père, mais le marchand d'artefact qui était son voisin le lui prêtait aisément contre de menus services.

Mais il la prévenait régulièrement et rudement en ces thermes :

« Ibis, ne vole jamais au dessus de la mer blanche. Jamais, ne t'aventure trop loin dans ses eaux. Jamais ne vole dans son ciel. Ce rivage ne nous appartient pas. »

Cette mise en garde terrifiait et désolait la jeune fille qui se sentait tout autant attirée et effrayée par la mystérieuse mer blanche si peuplée de légendes. Mais Ibis n'avait plus le temps pour les histoires d'enfants, elle partait donc chaque jours à la quête de plantes, de pierres et d'autres choses naturelles qui lui permettraient de vivre, elle et sa famille de gens du communs. Elle aimait si fort les Carpates protégées des Moldus qu'elle y restait quelque fois des journées et des nuits entières d'affilées, filant vers Durmstrang dans l'espoir d’apercevoir ses frères qui eux seuls avaient le droit d'être éduqués.

Si timide et docile soit-elle, elle ne pouvait s’empêcher d'envier et de jalouser les garçons, et elle maudissait quelque fois le fait d'être née femme. Mais elle se rendit aussi peu à peu compte que les Carpates étaient une école comme une autre, quoi que bien plus mystérieuse. Elle appris milles choses auprès des fées et des farfadets, des lutins et des nains. Elle rencontra très souvent les clans de loups garous et les autres humains errants dans les montagnes. Elle rencontra également très souvent les vampires qui la terrifiaient.

Ceux-ci habitaient dans une étrange maison pas très loin d'Archangelzk et ils ne manquaient pas de l'instruire sur diverses choses en échangent de son sang qu'ils prisaient.

Un jour, un vampire qui était protecteur avec elle lui dit ceci :

« Reste vierge, belle enfant, et nous ne te tuerons jamais, ton goût est par trop savoureux pour le boire jusqu'à la lie. »

Et vierge, elle le restait donc, puisque de toutes façons, rien ne la passionnait plus que de se promener à la recherches de choses et d'autres pour le bien être de ses parents, tout en s'instruisant auprès de ceux que l'on appelait les hybrides. Ainsi, Ibis devint presque à son insu une jeune femme très puissante. Lorsque ses frères revenaient avec leurs camarades de Durmstrang pour les fêtes, ils leur arrivaient très souvent de faire des démonstrations de magie, et la jeune fille singeait de plus en plus l'admiration ou devenait carrément indifférente, et même durant les périodes où sa famille était réuni comme à Noël, elle préférait partir et s'isoler dans les Carpates.
Les gens du quartier sorcier la trouvait étrange. Et certain disait que c'était l'appel du large qui résonnait en elle. Ce en quoi, ils ne se trompaient guère.

Un jour d'hiver, Ibis était avec son attelage et son rêne, galopant et volant au dessus des contrés. Et elle arriva en ce fameux lieu où se tient de nos jours le phare de Novaya. Ressentant une étrange force en cet endroit, elle stoppa son traîneau et observa comme souvent le large. La mer blanche avait toujours eu ceci d'intriguant qu'elle l’appelait pour des raisons qu'elle ne s'expliquait pas. A chaque fois qu'elle avait voulu désobéir à la mise en garde, rêne et attelage avait refusé d'aller plus loin, même son balai semblait refuser de survoler la mer blanche. Tout ceci était incompressible pour la demoiselle. Et toujours, elle scrutait la mer en se posant milles questions.

Cette nuit d'hiver pourtant se produisit un événement. Quelqu'un la trouva, et ce n'était ni un errant garou, ni un vampire, ni un des hybrides qu'elle connaissait. C'était un jeune homme qui lui proposa de tirer les cartes pour elle, en échange d'un baiser. La jeune fille accepta car il était au demeurant fort beau, bien plus beaux que ses frères ou tout leurs amis, et les deux s'assirent de concert sur une pierre dégagée de neige. Ainsi, le jeune homme commença à lui tirer les cartes.

D'où venait-il ? se demandait-elle. Elle ne l'avait jamais aperçu à Durmstrang. Il lui avoua que sa mère était un être impur et Ibis comprit que, tout comme elle, il avait été forcé de faire son propre apprentissage en ce monde. Tandis qu'elle choisissait les cartes dans le jeu et qu'il les déposait devant elle surgit le bateleur, la roue de la fortune, la lune et la mort. Paniqué à la vision de la dernière carte, Ibis manqua de s'enfuir en pleurant mais le sang mêlé la retint en lui expliquant que c'était un très bon tirage et que la carte de la mort signifiait un passage, une transformation importante.

Il lui désigna la carte du bateleur et lui expliqua que cet homme la représentait en ce moment-même, qu'elle était comme lui, l’artisan de sa vie contrefaite, et Ibis s’inquiéta de ses mots. Puis il désigna la carte de la roue et lui expliqua que celle-ci désignait son destin en marche et qu'aussi petite soit-elle, elle deviendrait grande. Il passa ensuite à la carte de la lune et lui expliqua que son destin ne pourrait s'accomplir que si elle comprenait un mystère et cédait à ce qui était si attractif à ses yeux. Ibis mit la main sur son cœur qui battait, car il avait été particulièrement beau en lui disant ces quelques mots, beau comme la pleine lune qui se levait dans leurs dos.
Venait ensuite la carte de la mort, l'innommée.

Lorsque le jeune homme posa le doigt sur la carte, tout deux entendirent un grognement, c'était un immense loup garou sur le point de se jeter sur eux pour les mettre en pièce. Dans l'affolement, le rêne s'envola et déguerpit, l’inconnu prit la main d'Ibis et ils partirent à toutes jambes à leur tour dans la direction opposée, vers la mer blanche qui était complètement gelée.

Des vampires arrivèrent et cherchèrent à protéger la jeune fille du lycan, elle prit de l'avance avec son compagnon. Mais le vampire qui avait souvent but à son sein et qui aimait tant son goût lui cria avec force :

« Reviens petite, ne part pas par là bas, ne part pas avec lui, c'est un menteur ! »

Mais elle ne les écouta pas et courait et courait sur la glace, ivre de bonheur. La main du jeune homme dans la sienne était chaude, la glace était solide, et son cœur battait à tout rompre face à ce rêve enfin réalisé. Elle ne sut combien de temps elle couru ainsi, mais au loin, elle distingua une contrée inconnue, celle qu'elle avait toujours soupçonné, celle qu'elle voyait en songe.

« Qu'est-ce cela ? » haleta-t-elle.

« C'est chez moi, et c'est chez toi aussi. » lui dit-il en l’entraînant toujours plus loin. Et il lui raconta combien cette île au loin était un havre de Paix, combien là-bas elle serait heureuse avec lui, combien elle apprendrait de choses, loin de sa fausse famille qui l'utilisait telle une servante, loin de ses frères imbus d'eux-même, loin des médiocres et des vampires et des lycans, et de tous. Mais proches des siens, des véritables siens.

Cependant, ils ne purent jamais atteindre l'île car vint un moment où la glace céda en des craquements sinistres... puis se brisa sous leurs pas. En tombant dans l'eau, le jeune homme se transforma. Plus légère que lui, elle le retint par les bras en observant sa longue queue d'animal des profondeurs qui ondoyait à la place de ses jambes, ses yeux aussi avaient également changés. Son regard se voila de tristesse... et ses mains s’attachèrent aux bras de la jeune fille. Ibis comprit qu'il voulait l’entraîner dans les eaux glaciales.

« Tu m'avais promis un baiser. » lui rappela-t-il.

Et comme elle était sous son charme, elle l'embrassa et nul ne sut jamais ce qui advint d'elle ensuite.
Les vampires assurèrent à sa famille que l'homme des eaux l'avait tué, entraîné dans les profondeurs de la mer blanche et dévoré. Le loup garou redevenu homme assura par contre que ce n'était pas la vérité, qu'il avait analysé ses souvenirs de la nuit dans une Pensine et qu'il s'était vu courir sur la glace à la poursuite de ses proies, qu'il avait observé la scène de loin en loin, parmi les débris de glace en train de se rompre. Il assura à la famille éploré qu'Ibis avait volé, si fort et si haut, qu'elle était parvenue à sortir son amant des eaux et à lui redonner ses jambes, qu'ils s'étaient rendus tout deux dans les terres par delà la mer, les terres interdites. Les terres innommées.

La famille d'Ibis ne sut qui croire des vampires ou du loup garou. Mais en cet endroit où reposait encore la carte de la mort fut battis bien avant Novaya un phare magique, grand et majestueux. Sa lumière tournante ne sert pas uniquement à éclairer les environs, c'est une lumière puissante et palpable, capable d'attraper les imprudent et de les ramener du bon côté de la mer blanche, de grès ou de force.

Mais une rumeur assure que la nuit de la première pleine lune suivant Noël fait perdre sa fonction au phare, que c'est là le pouvoir d'Ibis et de son tireur de carte par delà la mer blanche, pour permettre aux appelés de s’échapper.

Pour autant, il ne faut pas y aller, ce ne sont que des histoires, et là-bas, personne ne pourrait vous protéger.



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Dernière édition par NekoCitron le Dim 10 Fév - 18:23, édité 2 fois
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TROISIEME PRIX EXÆQUO: Un bon 30 PO pour le marché de Noël +20 PO



La Dame de Glace ou
Le Sapin, l’Orange et le Gros Barbu en Rouge

de Elizabeth McAllister



Il est des choses, cher ami lecteur, qui doivent être sans cesse redites. Des vérités à rétablir. Des secrets à révéler. Des prises de conscience à faire. Des esprits à réveiller. Des mots à répéter. Il existe pour ce faire beaucoup de moyens. Certains utilisent des journaux, d’autres murmurent. Des rumeurs qui éveilleront la curiosité et piqueront l’intérêt. Mais d’autres préfèrent les livres. Gros ouvrages poussiéreux ou bien fins amas de pages, reliées de corde, de colle ou bien coincées juste ensemble sous une couverture que des mains, petites ou grandes, jeunes ou vieilles, viendront effleurer, caresser. Visages qui riront, s’émerveilleront, s’énerveront, pleureront. Vivront l’histoire à travers ces mots. Mais pas n’importe quel genre d’histoire. Pas une petite nouvelle ou un roman de gare. Je parle d’Histoires. De Contes. De Légendes. Des Légendes glaciales venues d’un coin reculé des Carpates, givrées par le temps, et oubliées des mémoires, effacées par l’égrenage inlassable de celui-ci …

Tous les Contes commencent pas « Il était une fois ». Celui-ci ne fait pas exception à la règle. Mais je vous préviens déjà, cher lecteur, qu’il est fort improbable qu’il se finisse par « Ils vécurent heureux jamais ». Si tu désires quand même lire ce qui suit, je ne vais pas t’en empêcher, mais te voilà prévenu.

Voici l’Histoire. L’Histoire triste, tragique, passionnée et violente de Lady Irisea, telle qu’elle fut vécue jadis. Lady Irisea, autrement connue sous le nom de la Dame de Glace …


Il était une fois, si lointaine que seuls les arbres s’en souviennent et en parle encore entre eux au gré des murmures du vent, aux prémices de la magie dans les Carpates Sorcières actuelles, une jeune fille. Quoique jeune et fort jolie, sa vie restait majoritairement solitaire car elle était spéciale. Elle avait un Don. Ou une malédiction. Des choses arrivaient. De choses merveilleuses ou affreuses, qu’elle ne comprenait pas toujours. La seule chose qu’elle savait, c’est qu’il fallait qu’elle reste cachée, et discrète. Déjà dans sa jeunesse, dans le village, des femmes avaient accompli des exploits. Elles avaient disparu. Toutes. Les unes après les autres. Sans laisser d’autres traces derrière elles qu’une mince traînée de poudre neigeuse …

Sa vie était simple : elle était fleuriste, dans une modeste mais coquette boutique. Tout au long de l’année se trouvaient chez elle moult bouquets de fleurs ou de compositions de saison. Elle avait un goût sûr et prononcé pour l’harmonie et la délicatesse, ainsi que l’efficacité et le travail bien fait. Compétences qui lui valurent, un beau jour, la visite du maître du village. Bien que moitié plus âgé qu’elle, le roi n’en restait pas moins un homme charmant, tout autant que charmeur. Et regardant tour à tour chacune des plantes de la jardinerie, il se fendit d’un sourire en lui prenant la main, disant :

« Vos bouquets sont ravissants, mademoiselle, mais vous restez la plus belle fleur du lieu. »

Le coup de foudre fut immédiat pour les deux, et la convocation au château ne fut pas longue à venir après le départ du roi, même si ce n’était pas forcément pour la raison attendue. Et pour dangereux qu’il fut pour elle d’y répondre, on ne disait pas non à ce genre de demande. La semaine suivante la vit donc arriver au château, traversant la neige, toute de blanc vêtue. Un ange tombé du ciel.
Le roi la reçut dans ses jardins, devant un immense sapin. Le plus grand qu’elle eut jamais vu. A côté se tenait un jardinier, très certainement, au vu du râteau sur lequel il s’accoudait. Tout de rouge vêtu, l’homme tranchait avec le végétal, qui était d’une teinte verte morne. Cela se voyait au premier coup d’œil : il était malade. Sans qu’elle ait dit un mot, le roi se tourna vers elle et l’accueillit avec un sourire triste.

« J’aurais préféré vous revoir en de meilleures circonstances, mais il se trouve que le Sapin Royal, l’arbre de mes ancêtres qui trône ici et surveille le royaume depuis des générations, souffre visiblement d’un mal étrange …
- Si vous le permettez, sire, j’aimerais aider à le soigner. »

Elle resta plusieurs jours au château, logeant là-bas, et partageant son temps entre les soins aux plantes, en particulier au Sapin, et les balades avec le Roi. Plus le temps passait, plus leur connivence était forte et leur amour profond. Mais plus le temps passait, plus le Sapin se mourait. Rien n’y faisait. Ni changer la terre, ni modifier l’eau, ni ajouter des animaux, rien ne marchait, et l’arbre dépérissait. Si le roi souriait lorsqu’il passait du temps avec elle, sa santé globale semblait suivre l’arbre de sa plante … Ce fut le jardinier qui exposa le pourquoi du comment à la jeune fille un jour qu’elle s’en étonnait.

« Le Sapin a depuis tous temps représenté la royauté. Il n’a jamais été plus vert que lorsque le royaume prospérait. Mais depuis peu, il ne fait que se faner … J’ai bien peur que notre Roi ne meurt avec lui. »

La jeune fille était affolée. Que faire ? Elle ne désirait rien d’autre au monde que sauver son aimé, et pourtant … Pourtant le seul moyen de l’aider était de se condamner elle, à être dévoilée. A moins que …

L’hiver était rude. Une chape blanche était tombée depuis peu, mais de gros flocons continuaient à dégringoler en grappe du ciel, rendant la visibilité pour le moins incertaine. Revêtue d’une cape blanche, une silhouette sortit du château pour se diriger dans les jardins vers le Sapin … Mais à peine ses mains touchèrent-elles l’arbre pour lui permettre d’aller mieux, à peine un filet de magie atteignit-il la sève qu’une grande lumière s’abattit sur elle, et elle sentit des menottes enserrer ses poignets. Une silhouette sortit du brouillard, avachie, fatiguée.

« Vous … De toutes les personnes, il fallut que ce fut vous !
- Moi ? Mais …
- Silence ! Je savais que quelqu’un empoisonnait l’arbre. Il aurait dû guérir, depuis longtemps. Mais jamais je n’aurais imaginé …
- Majesté …
- Plus un mot, vermine ! Enfermez-la aux sous-sols, dans les cachots. Que jamais plus cette femme ne croise mon chemin. Je croyais que vous m’aimiez, je le croyais sincèrement. Je vous ai offert mon cœur, et c’est ainsi que vous me remerciez ? Disparaissez ! »

Alors qu’on l’emmenait, en larmes, essayant vainement de se défendre, de s’expliquer, de prouver qu’elle n’y était pour rien, elle passa devant le jardinier. Le jardinier qui, derrière sa grande barbe blanche, eut un sourire évoquant vaguement un rictus de triomphe …

Une semaine plus tard, les cloches sonnaient lugubrement. Le roi restait dans sa chambre, alité, au plus mal. Sans aucune visite depuis son enfermement, elle ne savait même plus s’il était mourant ou déjà mort. A force de couleur, ses larmes avaient creusé des ravins sur son visage. Et ce fut une vieille femme frêle qu’on sembla trouver dans les cachots deux semaines plus tard lorsqu’on vint la chercher sur ordre du roi. Il voulait la voir.

Il allait mal. Euphémisme. Il vivait ses derniers instants. Assis dans une petite chaise au pied de son sapin, il le regardait d’un regard absent et vide. Elle resta un certain temps à genoux, silencieuse face à lui, poussée par terre qu’elle l’avait été par les gardes qui l’avaient amenée et incapable de se relever. Au bout d’un moment, il finit par s’exprimer, d’une voix aussi rauque que lasse …

« Pourquoi .. ?
- Je vous l’ai déjà dit, j’ai essayé de vous dire, ce n’était pas moi …
- Pas ça … Pourquoi … Une orange ? »

Surprise, elle l’observa, sans comprendre, avant de suivre son regard. Sur le sapin, devant lui, accrochée à l’arbre, se trouvait … Une orange. Une magnifique orange, sur un sapin. Le roi tendit la main.

« Je ne sais pas, Sire … Mais vous ne devriez pas y toucher. »

C’était trop tard. La main du roi atteignit le fruit et le décrocha, puis il mordit dedans avant de s’écrouler … déclenchant une sorte d’ouragan autour de l’arbre, et une silhouette apparut.

Qui n’était autre que le jardinier. Avec un rictus étrange au coin des lèvres.

« J’ai gagné, ‘Majesté’ … Depuis le temps que je suis là, enchainé à cet arbre, à attendre mon heure … Mais enfin, enfin ! Il est mort … Et je me dois te remercier très chère, tu as parfaitement rempli ton rôle … Je suis libre, libre ! »

Il leva les mains au ciel, et la tempête se déchaîna complètement. Le vent s’engouffrait dans les cheveux de la jeune femme, faisait danser ce qui restait de sa robe blanche. La neige se déposait sur ses cheveux, sur son visage ravagé que le jardinier vint toucher du bout des doigts.

« Qui sait, tu pourrais encore être utile … Mais tu étais plus jolie avant. Et la glace te va si bien … »

Il claqua des doigts et elle fut bientôt complètement recouverte de neige. A peine restait-il d’elle quelques cheveux épars dépassant de la masse glacée qu’un des éclairs frappa l’homme en rouge, le clouant au sol.

« Quoi ? Non ! Impossible !
- Et pourtant … »

Le roi se releva lentement, encore incertain de ses mouvements.

« Tu avais tout calculé, sauf le lien qui nous unirait tous deux. Elle voulait me sauver, je le sais maintenant, et non me tuer, et cette idée est passée jusque dans cet arbre. Je ne sais pas ce qu’elle a fait, ni comment elle l’a fait, mais je sais qu’elle a réussi ce qu’elle voulait faire. Elle a sauvé l’arbre, et elle m’a sauvé, moi. »

Il s’approcha du tas de neige, s’agenouillant doucement et commençant à enlever précautionneusement la masse blanche, petit à petit, morceau par morceau. Mais sous la poudreuse, sous les flocons, il ne trouva que de la glace. Son regard se fit triste, puis en colère. Et puis, finalement, déterminé.

« Je ne sais pas ce que tu es, mais je sais que tu dois m’obéir. Alors je t’ordonne. Je t’ordonne de lever ce maléfice et de lui rendre sa vie, et son humanité.
- Je le ferais, si je pouvais. Mais il est trop tard. C’est une statue de glace. Je peux bien l’animer, elle ne sera que glacée …
- Fais-le. C’est un ordre ! »

Et il s’exécuta. La statue glacée prit vie. Bougea. Mais dans ses yeux nulle émotion. Dans son cœur, nulle chaleur. Il ne restait de l’originale que quelques mèches de cheveux noirs …

« Ne peux-tu donc rien faire pour qu’elle revienne ? Ne serait-ce qu’un peu ? Je t’oblige à faire tout ce que tu peux ! »

Et, n’ayant d’autre choix, il s’exécuta. Mais la trace humaine était par trop faible pour qu’elle redevienne humaine très longtemps. A peine une journée. Un jour, tous les ans, la statue de glace reprendrait forme humaine. Et le Roi, si glacé tout le reste de l’année, sourirait, et rirait. Et pour punir l’étrange magicien lié au sapin, un jour tous les ans il répand le message de la joie du Roi en faisant cadeau, à chaque maison du royaume, d’une orange, accompagnée d’épis de pins …

Depuis ce jour, on chante la chanson, la chanson oubliée. Nul ne s'en rappelle vraiment, mais tous la célèbrent. L’histoire froide, cruelle, et injuste de Lady Irisea, qui par sa magie sauva un royaume, et fut condamnée, et qui chaque année revient. Quand approche son heure, la Dame des Glaces fond, libérant sur nos contrées ses doux flocons, et gelant les lieux tout en retrouvant elle-même chaleur et douceur. Et pour un jour, un seul jour seulement, on commémore son histoire en accueillant chez nous un sapin, une orange, et un gros barbu en rouge pour la distribuer …

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Vlad III de Valachie

de Yevhen Kerkiev






Comme il est très apprécié,
Laissez moi vous raconter,
L'histoire d'un Homme Maudit
Vlad III de Valachie.

Comme il est très apprécié,
Laissez moi vous raconter,
L'histoire d'un Homme Maudit
Vlad III de Valachie.

Prisonnier quand il était môme,
Il dû passer pour un fantôme
Devenu assez puissant,
Il s'allia aux Ottomans

Sa couronne reconquit,
Il empala ses ennemi,
Luttant contre la corruption.
On le traita de Démon.

Il s'en allât à la guerre,
Afin de protéger ses terres,
Il en mourut, c'est ce qu'on dit,
Du moins dans tout les récits.

Vlad fut mortellement toucher,
mais il partit se faire soigner,
Au village de Novaya,
A Noël il se cacha.

Approché par un vampire,
On ne su ce qu'ils se dirent,
Mais il partit bien portant,
Rigolant comme un dément.

La légende n'est pas finit,
Le Prince vit maintenant la nuit,
Pourchassant ces ennemis,
Noël souhaitent les voir punis.

Descendant des Ottomans,
De Vladislav ou simple manants,
Prenez garde au moindre bruit !
Vlad est le Prince de la Nuit.

Comme il est très apprécié,
Laissez moi vous raconter,
L'histoire d'un Homme Maudit
Vlad III de Valachie.

Hey, hey, hey,.....

Comme il est très apprécié,
Laissez moi vous raconter,
L'histoire d'un Homme Maudit
Vlad III de Valachie.

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